Le radio-pistage des chauves-souris

Objectif:
Découvrir les colonies de reproduction des espèces les plus sensibles ou les plus rares afin de pouvoir mettre en place des mesures spécifiques de protection .

Méthode:
1. Capturer une  femelle des espèces convoitées.
2. L'équiper d'un émetteur miniature.
3. A l'aide de récepteurs radio/scanner et d'antennes, essayer de retrouver l'endroit où l'animal se cache.

Quelques informations sur le matériel que nous utilisons...

Les émetteurs

Un peu plus gros qu'un grain de riz, ces émetteurs ont une autonomie d'environ 10 jours.
Ils sont collés sur le dos de la chauve-souris, à l'aide de colle chirurgicale. Il se détache au bout de quelques semaines.

Ils émettent +/- 45 impulsions par minutes. Les impulsions ont une longueur de 20ms.
La fréquence est généralement de 151,xxx Mhz, soit dans la bande des 2m.

Les récepteurs/scanner:

Nous utilisons principalement les récepteurs multi-bandes YUPITERU (anciennement STABO). Bien qu'assez anciens, ils restent très performants pour ce domaine d'application.
Egalement du matériel UNIDEN, plus récent.
 

Ces récepteurs sont couplés à une antenne Yagi trois éléments, taillée sur mesure pour la fréquence 151Mhz. L'ensemble est léger, très mobile et permet une recherche à pied et en voiture à faible vitesse.
Le seuil de détection varie de quelques centaines de mètres à +/-1500m en milieu forestier. Quelques fois, des détections à 2500m ont été réalisées dans d'excellentes conditions (terrain dégagé, recherche à partir d'un sommet)

Autre technique de réception:

Le récepteur USB, à brancher sur un PC portable (voire un tablette).

Remarque importante: le récepteur doit impérativement être du type SDR, équipé de la puce RTL2832U (ou  R820T2)
Associé à un logiciel de réception type "radio-amateur" (HDSDR, SDRSharp, Linrad,...) et une antenne sur mât de minimum 6 mètres, ce système augmente considérablement le seuil de détection.
Ci-dessous, le logiciel SDRSharp


La détection à partir d'un avion:

Partant du principe que plus on est haut, meilleure est la réception, le pas fut vite franchi pour effectuer des tests à partir d'un avion.
J'ai donc réalisé une antenne Yagi 3 éléments spécialement renforcée pour cet usage et équipée de fixations propres aux haubans d'aile de l'avion utilisé (un ULM 3 axes)
Le cockpit de cet avion est bruyant (100db), il faut donc s'équiper d'un bon casque pour écouter le récepteur. J'y ai ajouté un enregistreur numérique stéréo qui enregistre sur un canal les "top" du récepteur et sur l'autre canal mes commentaires via un micro cravate, ce qui me permet de commenter la position de l'avion (altitude, GPS,...)et les détails au sol.
Les essais réalisés en 2015 ont été très probants.
Le choix de cet avion très léger est un gros avantage dans les vallées ardennaises: son faible poids autorise des vitesses de vol plus lentes qu'un avion conventionnel (genre Cessna) et son rapport poids/puissance avantageux permet de mieux épouser le relief, grâce à un taux de montée impressionnant. Il est également plus maniable, un avantage important quand il faut cercler au-dessus d'un contact radio!
Estomac sensible, s'abstenir...

Lien vers le reportage sur Facebook

Les antennes:

Remarque: toutes les antennes présentées peuvent être utilisées aussi bien sur les récepteurs à main que sur les récepteurs USB

L'antenne Yagi Biotrack:

Une classique Yagi 3 éléments, dont les éléments souples autorisent un déplacement plus facile en milieu encombré (forêt, sous-bois).
Une bonne solution mais coûteuse... (+/-300 euros)
En vieillissant, les éléments ne restent plus paralèlles, ce qui diminue légèrement la sensibilité de l'ensemble.

L'antenne "fouet":
Une antenne de toit à base magnétique, multi-directionnelle, qui permet la recherche en voiture.

L'antenne Yagi "fabrication maison":

Réalisée à partir de tubes aluminium de 25mm pour le corps et de 10mm pour les éléments. Coût total: +/-20 euros
Cette antenne directionnelle peut être utilisée à la main ou sur un mât rotatif. Elle est équipé d'un support mobile qui permet de la basculer dans un plan vertical (polarisation verticale/horizontale)
En position verticale, un taquet coinceur (article de marine) permet de bloquer la corde en position. Dès qu'on libère la corde, un petit ressort ramène l'antenne en position horizontale.
Le mât utilisé est une ancienne canne à pêche à emboitement de 8mm

L'antenne J:
Réalisée en tube de cuivre de 12mm, elle est plus lourde que les antennes alu. Cette antenne est multi-directionnelle et très sensible. Elle est prévue pour la recherche en poste fixe, montée sur un mât >6 mètres.

L'antenne Yagi "Avion":
Egalement réalisée à partir de tubes alu (et cuivre pour le dipôle plié), montée sur deux panneaux isolants (bois/résine) et équipée de deux bras d'alu pour la fixation aux haubans de l'avion.

L'antenne Yagi 7 éléments:
Réalisation personnelle, toujours à partir de tubes alu, ce modèle (plus lourd) est plus sensible et plus directionnelle qu'une Yagi trois éléments, au détriment d'un encombrement qui limite son usage à la recherche à partir d'un mât.